PÔLE
UNIVERSITAIRE
DE
DJIBOUTI
________________________________________________________________________________________
INSTITUT SUPERIEUR DES AFFAIRES DE DJIBOUTI
Collection "Études de métiers"
Bus & minibus
-
SOMMAIRE -
|
I
DEFINITION DE L'ACTIVITE
........................................................... II
LE MARCHE
................................................................................... 1.
La demande a)
Typologie des besoins b)
Variations saisonnières c)
Les habitudes des usagers 2.
L'offre a)
Les véhicules b)
Les types d'entreprises c)
Le réseau d)
Les tarifs e)
La concurrence III
LES MOYENS DE PRODUCTION
................................................. 1.
Les ressources humaines a)
Types de postes b)
recrutement 2.
Equipement IV
EXPLOITATION
............................................................................ 1.
Chiffre d'affaires 2.
Charges a)
Carburant b)
Entretien c)
Assurance d)
Charges de personnel e)
Charges exceptionnelles V
REGLEMENTATION
...................................................................... VI
MILIEU PROFESSIONNEL
........................................................... 1.
Organisation syndicale 2.
Formation CONCLUSION
.................................................................................. |
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12 |
Le marché générique est celui du transport terrestre.
Un
transporteur est une personne (physique ou morale) qui s'engage à assurer le
déplacement d'une personne ou d'un groupe de personnes d'un lieu à un autre.
Il y a
donc contrat de transport, explicite ou non.
Les
caractéristiques principales du transport en bus par rapport au
taxi sont :
·
le
type de véhicule, à capacité plus grande,
·
le
caractère collectif du bus, le taxi étant quasiment « loué »,
·
l'arrêt
est choisi par l'usager, mais sur un trajet établi (pas de possibilité de sortir
du trajet de la ligne),
·
et
bien sûr son prix plus abordable;
Notons
encore que le contrat de transport dans les bus et minibus à Djibouti n’est pas
matérialisé par un titre de transport (ticket), comme c’est l’usage dans la
plupart des pays.
Le bus
à Djibouti est beaucoup plus qu’un moyen de transport : c’est aussi un lieu
social de grande convivialité, un forum de discussion, propice aux rendez-vous
et aux rencontres.
D’une
façon générale, la vitalité du secteur et des flux de transport urbains
dépendent :
- des
plans d’urbanisation (zones d’habitation, zones d’activité...),
- des infrastructures (routes bitumées),
- de
la démographie.
Depuis
quelques années, c’est uniquement de l’augmentation de la population que
provient la croissance du secteur.
1. La
demande :
a)
Typologie des besoins
On
peut distinguer les transports vers l’intérieur et les transports interurbains,
sur lesquels nous mettrons l’accent dans cette étude.
·
Transports
interurbains :
|
·
réguliers |
-
travail, affaires, activités domestiques -
ramassage scolaire -
transport du personnel -
loisirs du week-end |
|
·
irréguliers |
-
tourisme -
mariages, fêtes -
déplacements sportifs -
déménagements -
publicité, élections |
D'après
la Direction Nationale de la Statistique (enquête auprès des ménages réalisée en
1996), les dépenses de transport représentent en moyenne 29,6 % du budget
familial. Sur l'ensemble de ce poste, le transport scolaire est prépondérant
avec plus de 40 % du total ; beaucoup d'établissements scolaires sont
effective-ment situés en centre-ville et donc éloignés des lieux
d'habitation.
Notons
que la population des bus est donc plutôt jeune.
·
Transports
hors Djibouti :
Il
s’agit des voyages vers l'intérieur du pays ou vers les frontières de la Somalie
ou de l'Ethiopie.
b)
Variations saisonnières
-
transport interurbain : baisse de l'activité en période de vacances scolaires
.
-
transport hors Djibouti :
augmentation de l'activité en période de vacances.
c)
Les
habitudes des usagers
Suite
à l’interrogation par questionnaire des usagers, il apparaît que des critères de
choix du bus, voire de fidélisation de la clientèle existent. Tout le monde
n’est pas pressé au point de prendre le premier bus venu, certains choisissent
un bus propre, plutôt récent, en bon état, avec des rideaux. Les autres critères
de choix apparaissent secondaires : l’âge du chauffeur (plus il est jeune,
plus il est rapide mais dangereux), la personnalité de l’apprenti, la
musique...
A la
question : « Que proposez vous pour l’amélioration du
transport ? », les usagers insistent sur deux points :
-
l’amélioration des routes, voire leur création pour mieux desservir les
quartiers isolés ;
- une
normalisation : respect des lignes par les chauffeurs, éviter les
surcharges, respect du code de la route...
2.
L’Offre
a) Les
véhicules :
il y a deux types de standards :
- le
bus de 26 places
- le
minibus de 12 places
Ces
véhicules sont seulement identifiés par des noms inscrits sur le capot (noms
d'acteurs, de champions, noms de pays...) selon le style et la fantaisie du
propriétaire. Aucun numéro ou autre indication de la ligne desservie n'apparaît,
ce qui illustre bien la mauvaise organisation collective des transporteurs.
Notons
qu'il y a encore 4 ou 5 ans, un système de couleurs sur les pare-brise des bus
et sur des panneaux de la place Mahamoud Harbi permettaient de repérer les
bus
Les
statistiques sur l’évolution du parc de véhicules sont peu fiables et anciennes.
IMMATRICULATIONS DE BUS ET MINIBUS
|
Année |
1987 |
1988 |
1989 |
1990 |
1991 |
|
Nombre |
47 |
45 |
25 |
77 |
134 |
Source : District de Djibouti, service des Mines
IMPORTATIONS DE BUS
|
Année |
1992 |
1993 |
|
Nombre |
369 |
157 |
Source : Marchés Tropicaux 11/06/93 et 16/09/94
IMPORTATIONS POUR MISE A LA CONSOMMATION LOCALE EN
1996
|
Provenance |
Nombre bus |
Valeur (DJF) |
|
·
France ·
Somalie ·
Etats-Unis ·
Arabie
Saoudite ·
Emirats
Arabes Unis ·
Inde ·
Corée
du Sud ·
Japon |
1 1 1 2 6 2 1 15 |
2 818 550 1 924 400 700 000 18 638 000 11 553 605 7 210 300 675 575 37 408 099 |
|
TOTAL |
29 |
80 928 529 |
Source : Dinas
Le
parc immatriculé actuel est d’environ 880 véhicules : 430 bus et 450
minibus. Il s’est constitué principalement au début des années 90. Depuis
quelques années, il se renouvelle plus lentement, du fait de sa jeunesse et
d’une conjoncture économique générale peu dynamique. Le parc réel en état de
rouler est donc bien en deçà de ces chiffres.
b) Les
types d’entreprise :
Presque
toutes les entreprises relèvent plutôt du secteur informel : pas de comptabilité
légale, employés non déclarés, photocopie de la vignette... Par contre, les
véhicules sont souvent plus en règle en matière d’assurance, de carte grise
ou de patente.
On
peut distinguer dans ces petites entreprises deux cas de figures :
- le
chauffeur est propriétaire
- le
chauffeur est employé, ce qui semble le cas le plus fréquent, contraire-ment au
secteur des taxis.
Il est
difficile dans ce cadre de dire s’il existe des propriétaires possédant de
nombreux bus. Investir dans un bus, à l’instar du placement immobilier, permet
de diversifier ses activités et d’acquérir un revenu supplémentaire.
c) Le
réseau :
Le
lieu du départ du trafic des bus et minibus se situe à la place Mahamoud Harbi,
appelée également couramment place Rimbaud.
Ligne
n°1 : Quartier 6 : Le bus prend son
départ à la place Mahamoud Harbi, il emprunte la route Abdallah Gadid ( ex rue
des Afars). Ensuite, il prend le rond-point d'Engueila et traverse la route
Houmed Loïta. Il prend l'avenue Nasser et se dirige par le tournant du Q7, il
poursuit par le Q7 Bis jusqu'au rond-point d'Ambouli et reprend à partir de là
jusqu'au djebel et sur le boulevard Guelleh Battal. Il tourne à la cité du stade
jusqu'au carrefour du stade et du boulevard De Gaule et emprunte ce boulevard
jusqu'au tournant de l'avenue 26. Il se dirige vers l'aboutissement de la route
d'Arta. Il passe alors par l'avenue 13 et tourne à la rue des mouches n°2
jusqu'au terminus de la place Mahamoud Harbi .
Ligne
n°2 : Cité du stade
-
trajet n°1 : Le bus
quitte la place Mahamoud Harbi et emprunte l'avenue Brazzaville, ensuite il
prend à droite le boulevard De Gaule jusqu'au tournant de l'ancien stade
municipal et se dirige vers la cité du stade. Il prend à gauche le boulevard
Guella Battal jusqu'au tournant du mur de clôture du cimetière d'Ambouli et
dessert le quartier Djebel jusqu'au tournant du rond point d'Ambouli .
-
trajet n °2 Le bus commence le trajet d'Ambouli vers
le Q7, le Q7 Bis jusqu'à l'avenue Nasser. Il emprunte cette dernière jusqu'à
l'intersection de la route de Zeila et de l'avenue Nasser. Il prend ensuite la
route de Zeila jusqu'à l'intersection de l'avenue 26, puis passe par la route
d'Arta jusqu'à l'avenue 13 et la rue des mouches jusqu'au terminus de la place
Mahamoud Harbi.
Les
lignes 1 et 2 sont les lignes les plus fréquentées et situées à proximité du
centre. On y trouve surtout des bus, souvent neufs.
Ligne
n°3 : Arhiba : Le
circuit est définit comme suit : départ place Mahamoud Harbi, route
Abdallah Gadid (ex rue des Afars), ensuite route d'Arta jusqu'à la cité
Arhiba.
Ligne
n°4 : Port, îlot du héron : Le
trajet débute place Mahamoud Harbi, puis par l'avenue Brazzaville. Le bus tourne
ensuite à gauche de la Mosquée Hamoudi et prend le boulevard Bonhoure jusqu'à
l'avenue Georges Pompidou en passant devant la Maison de peuple puis poursuit
jusqu'aux Etablissements Coubèche. Il s'arrête ensuite à côté du port et termine
sa course à l'îlot du Héron.
Ligne
n°5 : Zone du nord
: Le
départ s'effectue place Mahamoud Harbi. le bus passe d'abord par l'avenue
Brazzaville, et rue Pierre Curie ; ensuite Boulevard de la République,
Plateau du Serpent en passant devant le Club des cheminots. Le terminus est
l'hôpital Peltier. Sur cette ligne, circulent surtout des vieux bus.
Ligne
n°6 : Balbala : Départ
place Mahamoud Harbi. Le bus prrend la route Absallah Gadid, ensuite la route
d'Arta jusqu’au phare de Balbala. Il poursuit ensuite son trajet jusqu'au 4ème
arrondissement jusqu'au terminus de Balbala.
Ligne
n°7 : Hayabelley : Départ
place Mahamoud Harbi. Direction route Abdallah Gadid, ensuite route d' Arta
jusqu'au tournant de la route de Doraleh . Le bus prend alors cette route
jusqu'au tournant au quartier Docley, puis il termine son trajet au quartier
Hayabelley de Balbala.
Ligne
n° 8 : Arhiba - Mahad Sanid. C’est
une nouvelle ligne. Départ devant les locaux de l’UNFD. Le bus va directement
sur la route d’Arta, ensuite il se dirige vers la place Mahad Sanid. Il s’arrête
à 200 mètres de là sur une nouvelle place.
Ligne n°9 : PK 12 Départ devant
l’arrondissement 4. Le bus prend la route d’Arta et se dirige vers le PK 12. Les
bus sont pour la plupart vieux sur cette ligne.
Ce
réseau des bus et minibus est représenté schématiquement :
Réseau
Inter-urbain
d) Les
tarifs :
·
Service
ordinaire :
La
tarification de base est de 30 DJF, elle est fixée par décision ministérielle,
précisément par l'arrêté n°77-326/SG/CM du 27 Septembre 1977 ; elle est donc
restée inchangée depuis plus de vingt ans.
-
Majorations.
Le
tarif de base est majoré :
- la
nuit
- les
jours fériés
- en
cas de pluie.
Notons
que l'arrêté ne prévoit des majorations du tarif que la nuit (de 23 heures à 4
heures du matin). La place coûte alors 50 DJF.
- Réductions.
"Les
tarifs doivent être diminués de 50% pour les enfants âgés de moins de cinq ans
et pour les militaires en tenue". Cette mesure est en général respectée.
Tableau des tarifs hors djibouti
|
·
Khôr-Ambado |
150
DJF |
|
·
Doraleh |
150
DJF |
|
·
PK20 |
150
DJF |
|
·
Loyada |
300
DJF |
|
·
Arta |
400
DJF |
|
·
Oueah |
400
DJF |
|
·
Hol-Hol |
400
DJF |
|
·
Ali-Sabieh |
500
DJF[i] |
|
·
Dikhil |
500
DJF |
|
·
Yoboki |
1000
DJF |
|
·
Goubet |
1000
DJF |
|
·
Kalafi |
2000
DJF |
|
·
Tadjoura |
1500
DJF |
|
·
Randa |
2000
DJF |
·
Contrats :
-
Ramassage scolaire : Par exemple, pour les élèves du Lycée Kessel, le tarif
est de 7000 DJF par mois pour 4 ramassages par jour.
-
Transport du personnel : pratiqué par les entreprises publiques (EDD,
PAID...) et privées (banques, Air France, Shell...).
e) La
concurrence :
En
définitive, du fait de l’absence de « barrières à l’entrée » sur ce
marché, la concurrence est très vive sur certaines lignes et à certaines heures
(7h-7h30, 12h-12h30). Aux heures de pointe, les bus manquent dans la plupart des
quartiers.
Des
règles déontologiques existent entre professionnels : par exemple, quand
deux bus se suivent , le 2ème
doit respecter une certaine distance avec le 1er, il ne doit
pas le doubler pour prendre sa clientèle. On peut constater tous les jours que
cette règle n’est pas appliquée et que la concurrence est plutôt
« sauvage ».
III les Moyens de production
1. Les
ressources humaines :
a)
Types de postes :
On
peut distinguer 4 fonctions pour l’exploitation des bus :
·
Le
chauffeur :
c’est le plus qualifié, puisqu’il doit posséder un permis de conduire
djiboutien. S’il est étranger, il doit donc avoir la double nationalité.
·
L’apprenti :
ou phonétiquement « krichbaye »(cette appellation franglaise qui vient
de Somalie qu'on peut traduire par « garçon qui s’accroche »). Son
rôle est de récupérer le paiement du transport auprès des usagers.
·
Le
gardien :
cette fonction est parfois dévolue à l’apprenti ; il s’agit de garder le
bus quand il est garé dans la rue la nuit.
·
Le
montreur de ligne :
son rôle est d’aider à remplir les différents bus aux arrêts importants en
« racolant » la clientèle. Il travaille pour tous les bus et ne fait
pas donc pas partie d’une entreprise en particulier.
b)
recrutement :
Les chauffeurs et les apprentis sont en grande majorité des étrangers
(éthiopiens, somaliens..) recrutés, en raison de leurs plus faibles exigences
salariales. Les propriétaires sont en général des personnes influentes et n’ont
pas de difficultés à leur obtenir des papiers (notamment le permis de conduire
djiboutien).
L'expérience
professionnelle pour les chauffeurs est évidemment recherchée.
2.
Équipement
Il
s’agit uniquement des véhicules (on néglige le petit outillage).
Les
bus neufs sont importés du Japon. Depuis le 1er Janvier 1997, les
importations de bus avec conduite à droite (en provenance de Dubai) sont
interdites. Pour un particulier, les opérations d’importation sont difficiles à
cause de la complexité administrative, des problèmes de douane, de la nécessité
d’avoir des relations ... Des sociétés de la place sont spécialisées dans ces
opérations : MARILL, SAVON et RIES en particulier.
Un
acompte à la commande de 25 % est exigé pour l’achat de grands bus.
Les
prix taxes comprises (TIC de 28%) des véhicules neufs dépendent des fluctuations
du yen et du dollar et s’élèvent à environ :
- bus
26 places : 8 000 000 DJF
-
minibus 12 places : 3 900 000 DJF
Les
marques les plus courantes sont TOYOTA et MITSUBISHI
Lors
de l’acquisition du bus, l’épargne personnelle ou l’aide de la famille sont
davantage utilisés que l’emprunt bancaire.
IV
EXPLOITATION
1.
Chiffre d’affaires :
Le
chiffre d’affaires journalier est très variable et notre enquête auprès des
chauffeurs sur l’ensemble des lignes fait apparaître les fourchettes
suivantes :
- 9
000 à 15 000 DJF pour les minibus
- 12
000 à 20 000 DJF pour les bus
On
peut constater que le chiffre d’affaires n’est pas directement proportionnel à
la capacité du bus et que les minibus ont un meilleur taux de remplissage.
Le
chiffre d’affaires varie selon la ligne exploitée et donc la densité de la
clientèle. L’état du bus est important : les bus neufs attirent plus de
clients et ne tombent pas en panne.
Nous
avons déjà mentionné le caractère saisonnier avec une baisse du chiffre
d’affaires en été et pendant les vacances scolaires.
2.
Charges :
a)
Carburant : La
consommation est évidemment fonction du chiffre d’affaires réalisé, plus
précisément des kilomètres parcourus. A un chiffre d’affaires de 15000 DJF
correspond une consommation de carburant d’environ 3 500 DJF
b)
Entretien :
Pièces de rechange, lavage, vidange sont estimées par les chauffeurs à au moins
5 000 DJF par mois. Les réparations se font autant que possible la nuit.
c)
Assurance :
Le coût annuel de l’assurance varie
avec la compagnie (AGF et Ethiopian Insurance Corporation sont les principales
dans ce secteur), avec la nature des risques couverts, la puissance fiscale du
véhicule et évidemment le nombre de places offertes’
-
pour un minibus (14/15 places) : 175 000 à 272 000 DJF
-
pour un bus (25 places) : 227 000 à 385 000 DJF.
En cas
d’accidents graves et répétés, il faudra payer des majorations de 20 à 50%.
d)
Charges de personnel
:
- chauffeur employé : Il y a
plusieurs systèmes de rémunération :
le
chauffeur est salarié : il
touche soit un salaire fixe d’environ 4 500 DJF par jour, soit une partie fixe
et une partie variable fonction du chiffre d’affaires de la journée.
le
chauffeur est en position de gérant, il
reverse alors une somme fixe au propriétaire (8 à 10 000 DJF par jour) et sa
rémunération est donc entièrement variable.
-
apprenti : il est fonction du chiffre d’affaires de la journée plus un fixe
de 1500 F/jour, plus du khât, soit une valeur totale de 2 000 à 2 500 DJF par
jour.
- montreur de lignes : 50 DJF par bus
plein.
- gardien : salaire minimum.
d)
Charges exceptionnelles :
il s’agit des amendes lors des contrôles de police ou lors d’une infraction au
code de la route. La taxation varie selon que le bus est plus ou moins en
règle : assurance, vignette, permis de conduire du chauffeur, surcharge...
et selon les relations du propriétaire du bus. Par exemple, l’amende est de 2
000 DJF par personne en surcharge.
V REGLEMENTATION
Outre
la réglementation générale (comptabilité, fiscalité), le secteur possède une
réglementation spécifique :
-
concernant le chauffeur : permis de
conduire
-
concernant le véhicule : assurance,
vignette. Pour la carte grise, c’est le service des Mines qui est compétent et
qui procède à deux visites techniques par an en présence du propriétaire.
-
concernant la concession
d'exploitation : une attestation touristique est donnée par le Ministère
pour les bus devant quitter le territoire + certificat de non gage par le
Service des Mines et timbre fiscal à 500 DJF et inscription sur un
registre.
-
concernant la patente : elle est
payable par anticipation avant le 1er mars de chaque année auprès de
l’antenne des Contributions Directes du 1er arrondissement.
-
concernant les tarifs : ils sont
fixés par arrêté ministériel et doivent être affichés "à l'intérieur du
véhicule, en caractères parfaitement lisibles".
VI MILIEU PROFESSIONNEL
1.
Organisation syndicale :
Le
syndicat a été créé dans les années 70; il regroupait à cette époque tous les
moyens de transport c’est à dire les camions, les taxis, les bus et les
minibus.
Mais
c’est en 1977 qu’il y a eu la création du syndicat des bus et minibus, l’idée
était venu de M. FARAH.
Depuis,
les présidents successifs du syndicat, élus pour deux ans, ont été :
1991-1993 M. SAID «BOULO»
1993-1995 M. AWALEH SAID
1995-1997 M. MOUSSA YONIS
1997-1999
M. MOHAMED ALI
Le
syndicat était composé de deux comités comprenant chacun six membres :
·
Le
comité directeur : avait pour rôle de voter des projets au sein du syndicat (par
exemple la tarification).
·
Le
comité d’usage : avait pour rôle de régler les conflits au sein du comité de
direction.
Il
existait un autre comité appelé le comité des « ougals », composé des
vieux sages des quartiers, qui était l’intermédiaire entre le syndicat et les
usagers.
Les
chauffeurs dépendaient du syndicat car c’était le syndicat qui les plaçait. Les
salaires (moins des cotisations) étaient gérés entièrement par le
syndicat : chaque chauffeur avait son « compte-syndicat »,
recevait un chéquier pour retirer des fonds. Suite à des détournements, il a été
mis fin à ce système qui caractérisait le syndicat. Aujourd’hui celui-ci ne
fonctionne plus comme auparavant, mais le statut existe encore et le siège sert
de lieu de « broutage » pour les chauffeurs.
Actuellement
la seule ressource du syndicat est le paiement par les chauffeurs des
cotisations annuelles de 3000 DJF
En
1989, une société japonaise a proposé la création d’une grande association pour
les bus et minibus avec une gare routière où les voitures seraient rangées la
nuit et où on assurerait les réparations. Mais ce projet à été refusé par le
gouvernement djiboutien.
2.
Formation :
Vu la
faible technicité de ces métiers, elle se fait sur le tas. Parfois, le soir,
c’est l’apprenti qui prend le volant pendant que le chauffeur se
repose !
CONCLUSION
Malgré
une concurrence très vive, il existe certainement des opportunités de création
d’entreprises de transport en commun rentables.
On
peut à l’issue de cette étude donner
les conseils suivants :
·
Choisir
un minibus plutôt
qu’un bus : roulant plus vite, le taux de remplissage étant meilleur et son coût
d’achat plus faible, sa rentabilité est plus facilement assurée
·
Contractualiser
le
plus possible : faire du
ramassage scolaire et du transport du personnel assure un revenu fixe
intéressant et n’empêche pas une activité ordinaire en dehors de ces horaires.
Le secteur du tourisme (hôtels, agences de voyage...) est également une niche à explorer. La climatisation
du véhicule est alors un atout.
·
Etudier
son implantation : il
existe encore des quartiers non
desservis (ex : cité saoudienne), ou moins bien desservis, où la concurrence est
moins forte.
·
Gérer
efficacement :
-
Vivre dans l’informel coûte parfois plus cher que la formalisation (coût élevé
des amendes).
-
L’entretien
du véhicule est un facteur-clé de succès : peu de pannes, longévité, aspect
et qualité du service, possibilité de contrats....