PÔLE
UNIVERSITAIRE
DE
DJIBOUTI
Établissement d'Enseignement
Supérieur
________________________________________________________________________________________
INSTITUT SUPERIEUR DES AFFAIRES
DE
DJIBOUTI
Collection "Études de métiers"
Articles de sport
|
I.
DEFINITION DE LA PROFESSION
................................................ A)
Activités B)
Aptitudes II.
LE MARCHE
.................................................................................. A)
La demande 1.
Caractéristiques du marché 2.
Typologie de la clientèle 3.
Variations saisonnières 4.
Tendances de la consommation B)
L'offre 1.Importateurs
et distributeurs 2.
Production locale 3.
Concurrence III.
LES MOYENS DE PRODUCTION
................................................ A)
Ressources humaines B)
Équipements IV.
EXPLOITATION
........................................................................... A)
Chiffre d'affaires B)
Charges C)
Gestion V.
REGLEMENTATION
..................................................................... A)
Interdictions B)
Fiscalité VI.
LE MILIEU PROFESSIONNEL
..................................................... A)
Tutelle B)
Syndicat C)
Formation D)
Salons E)
Revues CONCLUSION
.................................................................................. |
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13 |
I DEFINITION DE LA PROFESSION
A)
Activités
-
L'activité principale du commerce de détail d'articles de sport et de loisirs
est la vente de vêtements (chaussures, textiles) et de petits articles de sport
(ballons, filets de volley, raquettes de tennis, matériels de plongée et de
pêche etc.), elle peut concerner aussi l’importation de plus gros matériels tels
que les installations de gymnastique ou de musculation.
- Le
secteur empiète aussi sur celui du prêt-à-porter, un vêtement qui sert pour le
sport étant de plus en plus porté en d'autres circonstances.
B)
Aptitudes
- Dans
ce métier, il faut aimer le sport, voire le pratiquer et avoir une connaissance
technique précise des produits.
- Ceci
est surtout essentiel pour les entreprises offrant des produits présentant des
caractéristiques techniques plus ou moins complexes (matériels de plongée, par
exemple, car la sécurité du client est en jeu). Le consommateur a besoin d’être
informé et conseillé.
- S'il
est nécessaire de suivre les innovations technologiques touchant les produits,
il faut également être attentif aux phénomènes de mode. Il faut être flexible
sur ce marché très évolutif.
-
Enfin, une bonne compétence en matière de gestion de stock est indispensable.
Les produits étant importés, il faut savoir négocier avec des fournisseurs
étrangers, gérer les importations et éviter les ruptures de stock.
II –
LE MARCHE
A) La
demande
1.
Caractéristiques du marché
a)
Effets de mode
Ce
secteur, on l'a dit, est lié à celui du prêt à porter. Les jeunes s’habillent en
général en survêtement et chaussures de sport non seulement pour des pratiques
sportives mais aussi en d’autres circonstances.
Plusieurs
conséquences :
- les
phénomènes de mode
- la
concurrence des grandes marques de vêtements de sport et chaussures : Nike,
Reebock, Adidas...
-
l'importance de la contrefaçon des marques renommées.
b)
Innovations
Ce
marché se caractérise également par l’importance des innovations et la
diversification des produits (enfant ou adulte, débutant ou spécialiste, bas de
gamme ou qualité...). Chaque année, des produits nouveaux apparaissent :
plus performants et plus pratiques (les chaussures, par exemple) et plus à la
mode (notamment les articles vestimentaires).
Plusieurs
conséquences :
- il
faut s'informer, être attentif à l’évolution technologique des produits.
- le
client dans ces conditions est demandeur de conseils d'utilisation, de conseils
pour choisir le produit adapté à sa pratique.
Effets
de mode et innovations assurent un renouvellement relativement rapide de
la demande sur le marché
2.
Typologie de la clientèle
Dans
ce marché, la demande d'articles de sport peut s'analyser en deux grandes
catégories de consommateurs : les sportifs individuels bien sûr, mais aussi les
collectivités qui organisent le sport ou les loisirs, qu'il s'agisse de
structures administratives, associatives ou privées.
a) Les
particuliers
Il
s'agit des sportifs qui achètent des articles de sport pour leur pratique
individuelle.
On
peut analyser cette clientèle avec les critères de segmentation suivants : âge,
sexe, nationalité, revenus.
·
Âge : les
jeunes (la moitié de la population) sont évidemment plus concernés par le sport
que les adultes, qui sont davantage occupés par le khat. Les jeunes sont
également plus sensibles à la mode que leurs aînés. Consommateurs potentiels,
les jeunes n'ont par contre pas les moyens d'acheter ; il suffit de voir les
terrains de football dans les quartiers pour évaluer à quel point beaucoup de
jeunes n'ont pas de chaussures de sport, par exemple.
·
Sexe : La
pratique du sport est certainement plus importante chez les garçons/hommes que
chez les filles/femmes, pour des raisons culturelles et parce que ces dernières
sont davantage occupées à des tâches d'ordre domestique.
·
Nationalité : Les
étrangers d'origine européenne font partie de catégories socio-professionnelles
(militaires, cadres, professeurs...) qui sont peut-être culturellement plus
enclins que la moyenne à faire du sport. Il s'agit de plus de disciplines peu
pratiquées par les Djiboutiens, comme le tennis, le golf ou les sports
nautiques. Les étrangers ramènent souvent leurs équipements de leur pays (effets
personnels non taxés).
·
Revenus : Les
disciplines ci-dessus nécessitent des équipements plus ou moins onéreux, voire
une organisation (club) à payer et donc des revenus conséquents. Certains sports
sont ainsi hors de portée de la majorité des budgets, et notamment des
jeunes.
b) Les
écoles, collèges et lycées
Ce
secteur recouvre en grande partie le secteur public, c'est à dire l'Education
Nationale, mais aussi les écoles privées de plus en plus nombreuses à
Djibouti.
Les
commandes publiques pour les écoles primaires, collèges ou lycées sont
décentralisées au niveau des chefs d’établissements ou des professeurs d’EPS
coordinateurs qui sont les prescripteurs de ces matériels.
- Écoles primaires : compte tenu de leurs
moyens financiers faibles, les écoles primaires s’adressent aux quincailleries
(Al Gamil, Ets Abdi, Ets Tani, Quincaillerie de Djibouti…) et aux petites
boutiques des quartiers. Dans ces écoles, chaque année seulement 25% environ des
fonds de la coopérative scolaire sont destinés à l’achat des articles de sport.
Elles ne peuvent s’adresser aux magasins spécialisés dont les produits sont très
chers et donc au dessus de leurs moyens. Elles achètent donc des produits bas de
gamme à prix très bas.
- Collèges et Lycées : Eux aussi ne
disposent pas de moyens financiers importants. Néanmoins, ils s’adressent aux
magasins spécialisés (Sporting ; Sport-Center) pour les petits matériels,
(ballons, pompes, élastiques, filets etc.). Les matériels lourds (tapis, barres
parallèles, poutres, tremplins…) font l’objet d’importations ou de dons reçus
des pays étrangers.
Par
exemple, d’après le Bureau des Projets de l’Education National (BPEN), un
collège est en construction à Balbala. Pour équiper ce collège en matériels de
sport, le BPEN a prévu un budget de plus de 3 800 000 FDJ. Ce projet est financé
grâce à un prêt de la Banque Africaine du Développement (BAD).
L'approvisionnement se fera à partir d'un appel d'offre public.
c) Les
fédérations sportives
Les
fédérations sont des groupements d’associations pratiquant le même sport, et
réparties dans les quartiers de la capitale mais aussi des districts de
l'intérieur. Elles ont un but non lucratif conformément à la loi de 1901.
A
Djibouti, il existe 13 fédérations, dont seulement 8 sont véritablement
actives :
|
-
Fédérations de football -
Fédération de volley-ball -
Fédération de hand-ball - Fédération de pétanque |
-
Fédération de tennis -
Fédération de basket-ball -
Fédération de karaté -
Fédération d’athlétisme |
La
fédération la plus importante est bien sûr celle du football, en nombre de
licenciés et en dynamisme associatif.
|
CHAMPIONNATS |
NBRE
JOUEURS |
|
-
1ère division -
2ème division -
3ème division -
Cadets -
Foot féminin |
320 420
549
512 120 |
Il
faut ajouter à ces compétitions officielles l'activité de près de 50
associations qui organisent des tournois, mobilisant environ 3 000 joueurs.
Notons
que beaucoup d'équipes et de manifestations sportives sont sponsorisées, par
diverses entreprises privées (Fratacci, Benetton, Boreh…) ou publiques (port,
aéroport…). Le sponsoring (ou
parrainage) est une solution au financement des petits équipements (maillots,
ballons...) en même temps qu'un moyen pour les entreprises d'améliorer leur
image.
Dans
le cadre du Projet d'Appui au Système Éducatif à Djibouti (PASED) dont la
mission est d'organiser entre autres l'éducation sportive au niveau de l'école
primaire, la Mission française de Coopération finance aussi les actions
sportives organisées par des associations. Depuis 1996, le PASED travaille sur
un projet visant à rapprocher les associations et les écoles pour favoriser les
jeunes déscolarisés et leur apporter un soutien éducatif. Un projet intitulé " Vive le sport " a été financé
grâce à un fonds de 10 000 000 DJF pour l'acquisition de matériels tels que
filets, poteaux, aménagements de terrains…
d) Les
entreprises
Des
établissements proposent des installations sportives et de loisirs comme le
bowling à Gabode, ainsi que plusieurs clubs de musculation (Planète Gym) ou
d'arts martiaux (judo, karaté...). Ces clubs mettent à la disposition de leurs
membres des matériels de sport et des leçons particulières ou collectives pour
les former à des disciplines sportives moyennant une contrepartie financière. Il
existe aussi plusieurs entreprises dans le domaine de la plongée et des loisirs
nautiques (Dolphin...).
e) Les
clubs
D'autres
clubs sont de véritables associations et n'ont pas une logique d'entreprise,
même si elles investissent selon les moyens qu'elles récoltent et le chiffre
d'affaires espéré. Citons le club de golf, le club des Cheminots au Marabout,
les clubs sportifs réservés aux militaires français et les nombreuses
associations de quartier (particulièrement actives en période de ramadan).
3.
Variations saisonnières
Le
marché des articles de sport est étroitement lié aux variations saisonnières.
D’après
les différentes catégories d’offreurs, les ventes augmentent durant la saison
fraîche et diminuent durant la saison chaude. Avec les retours des vacanciers et
la rentrée scolaire les ventes augmentent en septembre et octobre pour rester
stables jusqu’au mois d’avril. Ensuite elles diminuent et restent faibles toute
la saison chaude (les vacances d’été), car beaucoup de gens quittent le pays,
surtout les jeunes et les expatriés, principaux consommateurs sur ce marché
La
vente des matériels de plongée connaît la même évolution. Ce sport est très peu
pratiqué durant cette période (Avril à Octobre) car en plus des vacances et donc
du départ des expatriés, les conditions climatiques lui sont défavorables.
Cependant,
pour les vendeurs de prêt à porter des caisses et de la rue des mouches, les
ventes augmentent surtout pendant la rentrée scolaire et de la saison sportive
(mois de septembre) et lors des fêtes (nombreux tournois lors de l'Aïd, par
exemple).
4.
Tendances de la consommation
Les
facteurs de développement de ce marché peuvent ainsi être résumés :
·
Une
meilleure conjoncture économique et l'augmentation des revenus devraient gonfler
les parts de budget affectées aux sports et loisirs.
·
Les
taux de scolarisation devraient augmenter ; l'école favorise l'apprentissage du
sport et en donne le goût. Les écoles et collèges devraient s'équiper davantage
et combler leur déficit d'installations (gymnases limités aux CES, au Lycée et
au Camp Cheik Osman).
·
Les
changements sociaux (et notamment le rôle des femmes), le développement du
secteur associatif vont dans le sens de l'extension du sport et sa meilleure
organisation.
·
La
mondialisation est aussi culturelle : les médias internationaux véhiculent les
modes, participent à la promotion du sport, ses vertus (compétition, dépassement
de soi...), ses modèles de réussite sociale...
B) L'offre
L'aspect
quantitatif est difficile à évaluer. En effet, le secteur de la vente d’articles
de sport n'est pas homogène et la Dinas (Direction nationale de la statistique)
n’enregistre pas les importations d'articles de sport isolement. De plus
beaucoup d'intervenants sur ce marché relèvent du secteur informel.
1.
Importateurs et distributeurs :
On
peut distinguer ces différentes catégories :
- Les
commerces spécialisés
- Les
commerces non spécialisés
- Les
boutiques de "bas-côté".
- Les
charcharis.
- Les
importateurs et vendeurs d'habits d'occasion.
a) Les
commerces spécialisés.
Deux
entreprises sont spécialisées dans la commercialisation d'articles de sports
:
|
LE
SPORTING |
Dénommée
" Sport & Loisirs " à sa création dans les années 60, l'entreprise
appartenait à un Grec qui a vendu son fonds de commerce en 1995 à Mme
Esmahan Mohamed Hadi. Il s'agit d'une SARL filiale des Ets Tani. Elle se
situe au centre-ville, 12, rue Ras Makonnen (tél.: 35.06.59). Organisé en
libre-service assisté, le Sporting commercialise des articles de
nombreuses disciplines sportives (tennis, basket-ball, football, plongée,
pêche…). |
|
SPORT-CENTER |
Filiale
du groupe de M. Taher Said Saif, cette entreprise est surtout spécialisée
dans la vente de vêtements et chaussures de sport de marque. Elle est
également organisée en libre-service assisté et se situe en périphérie (Le
Héron, près de la station Shell). |
auxquelles
il faut ajouter deux commerces non généralistes, mais spécialistes des sports
nautiques :
|
TECHNO-PRO |
Spécialisé
dans les ventes de fleurs et de décoration de la maison, Technopro
commercialise aussi des matériels de plongée et de pêche. Le magasin est
situé rue Marchand (tél.: 35.40.41), le gérant est M. Vimar. |
|
BRICO
PLAISANCE |
Établissement
du groupe Marill, situé rue Clochette (tél.: 35.11.50) Brico-Plaisance
commercialise de l'outillage, mais aussi des matériels de plongée. La
gérante est Mme Maurice. |
b) Les
commerces non spécialisés.
De
nombreux commerces ont un rayon sport :
-
BENETTON, PETIT PARIS et SAISONS, magasins de prêt à porter vendent des
vêtements et des chaussures de sport.
-BONAPARTE
offre des ballons, des bicyclettes…
- Les
Quincailleries (AL-GAMIL, ETS ABDI, Quincaillerie de Djibouti…) vendent des
vélos, des ballons, des appareils de musculation
- Les
boutiques des quartiers spécialisées dans l'alimentation ont aussi un
assortiment peu varié d'articles de sport bas de gamme à prix très bas.
- Les
magasins qui vendent coupes et médailles (SAVIR...
c) Les
vendeurs de "bas-côté".
Ils
sont très nombreux et commercialisent des vêtements et des chaussures de sport à
bon marché. Leur clientèle est autant nationale qu'étrangère. Ils importent
eux-mêmes leur marchandise ou bien se fournissent auprès des femmes-charcharis.
On peut ajouter dans cette catégorie le magasin dit chez "le boiteux", près de
Cash Center, très fréquenté par les militaires français.
d) Les
femmes-charcharis.
Elles
importent leurs produits de divers pays : les pays arabes (Yémen,
Arabie-Saoudite, Dubaï…), de Somalie et de l'Ethiopie. Elles exercent des
fonctions de grossistes en vendant leurs produits aux boutiques des caisses et
des fonctions de détail en distribuant leurs marchandises elles-mêmes. Leur
talent commercial est aussi d'échapper aux taxes et d'être ainsi
compétitives.
e) Les
vendeurs d’habits d’occasion
Ils se
fournissent auprès des importateurs d'habits d'occasion en gros et revendent
leurs produits au détail, après éventuellement des opérations de tri et de
lavage.
Leur
but est de répondre aux besoins d'une catégorie de clientèle qui n'a pas les
moyens financièrs suffisants pour acheter des vêtements neufs et donc
chers.
Deux
groupes de fripiers se distinguent :
- ceux
qui ont un local et qui payent la patente,
- ceux
qui sont sans local.
2.
Production locale :
Une
entreprise nationale de production de vêtements de sport est en phase de
création. M. Haroun Ibrahim exerce actuellement son activité à son domicile car
il n'a pas encore les moyens financiers nécessaires pour son implantation et
pour se faire reconnaître juridiquement. Il produit des survêtements, des
maillots, des shorts, des fanions pour les équipes de football.... Pour
l'instant, il travaille sur commande : il a, par exemple, fourni des maillots à
l'équipe de football de l'association d'Arhiba, avec l'inscription du nom de
l'association, du numéro et du nom du joueur.
3.
Concurrence
Les
deux commerces spécialisés sont relativement complémentaires de par leur offre
et leur situation géographique. Le Sporting a cependant des atouts plus
importants :
- la
diversité plus grande de son offre
- sa
situation géographique en centre-ville
qui
lui permettent de toucher les deux catégories de clientèle, locale et
expatriée.
Sur le
créneau du matériel des sports nautiques, Techno-pro estime avoir une position
dominante, tandis que Brico-Plaisance soutient de son côté avoir la
1er place en matière de matériel de plongée.
Les
opérateurs du secteur informel (marchands ambulants, vendeurs d'habit
d'occasion, les vendeurs de bas-côtés et charcharis) sont très compétitifs au
niveau des prix car ils échappent souvent aux contrôles de l'état et se
soustraient aux charges fiscales (la TIC notamment). Or, la conjoncture
économique oblige une grande partie de la clientèle à être attentive à ce
paramètre prix, plus qu'à la qualité des produits.
III-
LES MOYENS DE PRODUCTION
A)
Ressources humaines
Le
secteur des articles de sport n’emploie pas un effectif de personnel important
du fait du faible nombre d’entreprises spécialisées. En effet, le Sporting, par
exemple, emploie seulement quatre personnes : trois dans la force de vente
(un responsable des ventes, un vendeur sédentaire et un représentant) et une
femme de ménage.
En
matière de recrutement des vendeurs, l'expérience et les qualités personnelles
(honnêteté, sérieux, courtoisie ponctualité…) jouent plus que les diplômes. Il
est important de savoir bien accueillir le client, de le conseiller et de le
fidéliser.
B)
Équipements
L’investissement
de départ pour un véritable commerce spécialisé concerne :
- les
locaux : vitrine, surface de vente, réserve attenante, bureau...
- les
aménagements, étagères et matériels de présentation des produits. Certains
présentoirs et éléments de décoration peuvent être donnés par les fournisseurs
de grandes marques.
- le
stock (ou besoin en fonds de roulement) est important et immobilise aussi des
ressources financières.
Par
ailleurs, un petit magasin de vêtements et chaussures de sport du type de ceux
des Caisses peut être créé avec un capital d’environ 1 000 000 DJF.
Un
magasin d’habit d’occasion nécessiterait un capital financier de 600 000
DJF.
IV-
EXPLOITATION
A)
Chiffre d'affaires
1.
Fréquentation
Le
Sporting et Sport Center reçoivent en moyenne par jour 20 à 30 clients qui
achètent au moins un produit.
Cette
fourchette est de 6 à 14 clients par jour pour Marill plaisance et Techno-pro.
Les
vendeurs de fripes de la rue des mouches reçoivent au moins 20 clients dans la
journée, jusqu'à 50 les jeudis (jour de marché des vendeurs d’habits
d’occasion), leur chiffre d’affaires journalier peut être estimé entre 6 000 à
10 000 DJF.
2.
Fixation des prix
Dans
la fixation des prix de leurs produits, les chefs d'entreprise prennent en
compte les trois éléments :
- les
coûts supportés par l’entreprise
- la
demande
- la
concurrence.
ils
fixent d’abord les prix à partir de leurs coûts de revient, puis ils essaient
d’approcher ces prix de ceux du marché (pouvoir d’achat du consommateur et prix
appliqués par la concurrence). Mais ils soulignent que ceci est très difficile à
cause de la conjoncture économique du pays et de la concurrence déloyale du
secteur informel. La marge nette est de l'ordre de 25 %, à l'instar de nombreux
commerces.
Les
produits d'habillement et chaussures représentent plus de 80 % du chiffre
d'affaires du secteur.
B)
Charges
Les
postes de charges supportées par les entreprises sont les suivants :
- le
coût d’achat des articles
-
l'électricité et le carburant pour le groupe électrogène
-
loyer
-
télécommunications
- la
patente (le coût de la légalité)
-
autres charges : publicité, entretien et réparations…
C)
Gestion des stocks.
Les
articles de sport étant tous importés, les entreprises doivent être rigoureuses
dans la gestion des stocks pour limiter les risques de ruptures.
Ainsi,
il faut fixer des stocks de sécurité (stock à partir duquel l’entreprise passe
commande). Pour les commerces du secteur formel d'articles de sport, le stock
moyen correspond à 4 à 6 mois de consommation. Les coût engendrés sont dès lors
très importants et notamment celui de l'avance de fonds (besoin en fonds de
roulement).
La
gestion des stocks est également rendue difficile à cause du nombre relativement
important de références, avec le problème de l'assortiment des tailles de
vêtements et des pointures de chaussures.
V REGLEMENTATION
A)
Interdictions
Il
existe une loi interdisant la chasse sous-marine à Djibouti. Ainsi, les
entreprises ne peuvent commercialiser des produits permettant de pratiquer ce
sport (fusil sous-marin notamment). A part cette loi, aucune réglementation
n’est particulière à ce secteur.
B)
Fiscalité.
1.
Patente
Une
entreprise souhaitant s’implanter pour exercer une activité de distribution doit
tout d’abord se déclarer à la contribution directe et payer la patente de classe
5, qui comprend ne partie fixe de 400 000 DJF par an plus 25 % de la valeur
locative des locaux professionnels
2.
Importation
D'autre
part, une entreprise souhaitant exercer une activité d’importation en plus de
son activité de distribution doit également s'acquitter de la patente
d'importateur, dont le montant est fonction du volume des marchandises
importées.
VI LE MILIEU PROFESSIONNEL
A)
Tutelle
Le Ministère de la jeunesse et des sports et le Ministère de l'Education
nationale sont chargés de mettre en place les infrastructures et l'organisation
du sport. De leur dynamisme et de leur capacité à mobiliser l'aide extérieure,
dépend en grande partie le développement du sport à
Djibouti.
B)
Syndicats :
Pour
les entreprises spécialisées, il n’existe pas de syndicat à Djibouti.
Les
boutiques situées aux caisses ont un syndicat dénommé "association
professionnelle", située à l’avenue Brazzaville. Sa mission est de défendre et
représenter des intérêts professionnels des vendeurs des "bas-côtés". Par
exemple, les boutiques étant construites sur un domaine public, le syndicat les
représentent vis à vis de l'État en matière de fixation des loyers.
C)
Formation :
Aucun
organisme ne permet aux entreprises d’offrir à leurs salariés des formations
complémentaires et de les rendre plus performants et plus qualifiés. Les
vendeurs sont ainsi formés sur le tas.
Cependant
pour les matériels de plongée ou autres produits ayant des caractéristiques
techniques plus complexes, la formation de certains salariés est indispensable.
Ainsi, Marill Plaisance assure une formation continue à un de ses employés qui a
pour mission de vérifier la qualité des bouteilles de plongée et des
détenteurs.
D)
Salons
-
ISPO, le plus grand salon européen d'articles de sport, Munich, tél. DH
communication au 01.4273.26.97.
-
Sapel, salon de la pêche et des loisirs, tél. organisateurs GIFAP et CEP au
01.49.09.60.82.
E)
Revues
- Revues professionnelles : L'observatoire des Sports-Loisirs-Tourisme, Sport Eco, Sport
Première Magazine.
-
Annuaires : France-Sports, annuaire
des articles de sport, camping, pêche et chasse (fabrication, fabricants et
importateurs, marques, distribution).
CONCLUSION
· Actuellement, ce marché est restreint, les Djiboutiens ne sont pas beaucoup intéressés par certaines disciplines sportives (notamment les sports nautiques et la plongée).
· Cependant, le secteur est porteur et devrait se développer selon les tendances socio-économiques décrites plus haut et en espérant une politique volontariste des ministères de tutelle pour attirer les jeunes vers le sport. Les partenaires au développement devraient encourager des initiatives dans ce secteur, initiatives qui tendent à valoriser les ressources humaines.
·
Le créateur d'une
nouvelle entreprise de distribution d'articles de sport devrait
- réaliser
une étude fine des besoins de la clientèle locale et étrangère : ce qui lui
permettraient de déterminer les produits à référencer en tenant compte des
besoins du marché ;
- viser
également les marchés publics, se faire connaître pour se poser en partenaire
des ministères et organisations internationales ;
- mettre
en oeuvre une communication efficace. Les quelques actions publicitaires
actuelles se limitent à des prospectus et quelques annonces ponctuelles dans la
presse.
·
Enfin, des
opportunités de production existent pour certains articles, non seulement les
produits textiles exécutables par des tailleurs comme celui cité plus haut, mais
aussi d'autres articles relevant de technologies simples comme les poteaux de
buts, paniers de baskets, filets, ballons...
Cette
étude a été réalisée avec la collaboration de
Madina Abdallah Hamadou et Oubah Abdillahi Awaleh
et
le financement du Service de coopération et d'action culturelle
de l'Ambassade de France